voila enfin un petit extrait des nouvelles que louisa et moi écrivons depuis déjà plusieurs mois ^^ à suivre un autre petit extrait... et bientôt le livre relié ! (du moins j'espère ^^ )
"Elle. Elle aussi est une belle âme, une belle âme perdue dans le pire des mondes, un monde où les plus bons n'ont plus rien à partager et les mauvais plus rien à voler... Mais Elle est différente : elle n'habite pas un humain, elle le possède. Son vrai lieu de vie est le plus beau des créateurs, dans lequel Elle est passée par l'intermédiaire des doigts agiles de son propriétaire, tué par son piano, tué par l'indifférence, assommé par le bruit des âmes corrompues, endormi à jamais par un arpège. Un splendide jeu entre les octaves, avec un la légèrement faussé, une adresse parfaite des poignets, et une mélodie si belle, qu'elle reflétait avec une exactitude frissonnante, Elle. La belle âme. Celle qui aujourd'hui foudroie de ses accords mélancoliques les plus insensibles, ceux qui n'ont des oreilles que pour s'entendre parler. Mais Elle, n'est pas seule... Elle est sans cesse enrichie par l'innocence de Mélody, la plus belle des muses... De délicats petits doigts qui parcourent le clavier comme l'araignée parcourt sa toile à la recherche de la plus belle proie s'étant laissé prendre par une musique trop douce pour qu'elle puisse en entendre le fond...
Ainsi Mélody jouait de cette belle âme, sans jamais ne prendre de repos, laissant les délicates notes de son amie sonner jusqu'aux oreilles des tout-puissants, faisant trembler chaque particule de leurs corps charnels, rendant chaque vibration vivante, comme une nouvelle note qui vient s'ajouter à son œuvre, prolongeant dans l'infini chacune de ses pressions sur les touches, aléas physiques entre l'âme et le corps.
Mélody sans âme, liée pour l'éternité à son nouveau maître, dont elle devient l'esclave. Ses yeux noirs profonds ne font sentir que le vide, le rêve, le son... Ses longs cheveux soyeux et sombres se laissent prendre par le sol propre de toute impureté, tandis que sa robe de soie reste la, se reposant sur son do adroit et rapide.
Les anges, envoûtés par sa musique tombent par milliers des nuages, voguant un instant dans les airs, avant de venir disparaître sur la queue du piano, laissant les cristaux de leurs ailes se mêler aux cordes effleurées de la belle âme, tandis que les démons apparaissent dans leur propre sang, las, écorchés par le tranchant des arpèges, assommés par la beauté ultime de la seule chose supérieure à toute entité.
Sous ces doux arpèges, les tempêtes se font tantôt plus violentes, tantôt plus calmes, suivant avec rigueur le rythme, tandis que la mer s'agite, elle, au son de chaque note, admirant le ciel, qui seul reste stoïque face aux déchaînements des éléments, animés par la musique."